Première Nation des Homalco

Le chef Darren Blaney de la Première Nation des Homalco s’est donné pour mission de lutter contre la marginalisation économique de son peuple.

Cette marginalisation est le produit des torts causés par la colonisation, qui s’étend sur plusieurs générations, y compris les réinstallations forcées et les répercussions du système de pensionnats.

Avant l’introduction de la variole en Colombie-Britannique vers 1780, les Homalco comptaient environ 10 000 habitants, explique le chef Blaney. Après ce fléau, ils n’étaient plus que 87. La Nation a également été freinée par les réinstallations forcées et le système de pensionnats dans les années 1900. Les Homalco ont établi leur nouvelle réserve à Campbell River dans les années 1990, à la suite d’un échange de terres avec la province de la Colombie-Britannique.

Le territoire de la Nation s’étend du sud de l’île Hornby, vers l’ouest en passant par le détroit de Johnstone, vers le nord jusqu’au lac Tatla et vers l’est jusqu’à la rivière Bishop. La communauté compte quelque 470 citoyens répartis dans 85 ménages.

Au cours des dernières années, les Homalco ont atteint de nombreux objectifs de développement économique, notamment l’établissement d’un bateau-taxi, l’aménagement de propriétés locatives au centre-ville de Campbell River et l’obtention d’un permis provincial d’héliski.

La Nation a également obtenu 1 M$ pour l’aménagement d’un centre de villégiature et s’efforce d’associer d’autres partenaires à ce projet et de réunir les fonds nécessaires pour en faire une réalité.

« Nous sommes également en train de récupérer un quai dans notre ancienne communauté, que le gouvernement nous a forcés à quitter, a-t-il dit. Et nous allons démolir la vieille école et y installer un centre de traitement des traumatismes. »

Le centre de traitement des traumatismes est essentiel au développement communautaire. « Dans le cadre de nos activités de développement économique, nous sommes constamment confrontés à des traumatismes, explique le chef. Pour nous lancer dans ces grands projets, nous devons commencer à travailler à la guérison de notre peuple. »

La Nation a déjà reçu 3 M$ pour le centre de traitement et a pris des mesures pour obtenir des fonds supplémentaires.

« La planification que nous avons faite avec le CGF nous a ouvert ces possibilités », dit-il, en soulignant que lorsqu’il a été élu en 2017, la Nation n’avait que 280 $ dans son compte bancaire. Un en juricomptabilité a révélé la disparition de 1,5 M$.

« Étant donné la petite taille de notre Nation et l’absence de , un comptable a profité de nous et d’autres Nations », explique-t-il.

À l’époque, l’entreprise d’excursions et d’observation des ours de la Nation avait une de 500 000 $ et sa société d’exploitation forestière était endettée à hauteur de 1 M$. De plus, des sommes étaient dues au conseil scolaire.

Grâce à son travail acharné et à ses idées nouvelles, la Nation a redressé la situation. La première étape a consisté à obtenir du financement pour effectuer des recherches sur les territoires traditionnels qu’elle essayait d’acquérir depuis près de 26 ans.

« Nous venons tout juste de signer une entente pour obtenir ces terres d’une société forestière, a déclaré le chef Blaney. Les 390 acres s’ajoutent maintenant à notre petite réserve de Campbell River. Nous pouvons désormais entreprendre des activités de développement économique le long de la route. »

Ayant obtenu la certification du rendement financier du CGF, la Première Nation des Homalco prévoit maintenant obtenir du financement de l’AFPN pour « aménager certaines infrastructures à l’intersection de la route, louer des locaux et exercer une certaine autorité fiscale », dit-il.

« Nous examinons toutes les options possibles. La certification nous a ouvert de nombreuses portes pour bâtir notre économie. »

L’objectif global est de générer une activité économique qui profitera aux générations futures. « Ainsi, à un moment donné, avec toutes nos entreprises, nous allons créer des fonds en fiducie. L’un sera pour la gestion de notre territoire, un autre pour notre culture et notre langue. Nous disposerons également d’un fonds en fiducie pour la guérison et d’un fonds de défense juridique pour notre territoire.

Nous aurons notre destinée en main. Nous n’aurons pas à nous inquiéter du financement de quelque gouvernement que ce soit. C’est mon objectif. »